« Une plongée courageuse et saisissante dans un pays à l’agonie » Télé Obs

L’Irak est devenu un trou noir de l’actualité mondiale. Un trou noir paradoxal dont on nous parle tous les soirs au journal télévisé, bilan macabre, chiffre abstrait des cadavres ramassés chaque matin, mais sur lesquels on ne sait rien. Qui tue qui ? Les terroristes islamistes sont-ils les seuls à massacrer les civils irakiens ? Pourquoi la police semble-t-elle incapable de faire régner l’ordre ? Que font les Américains ?

Enquêter en Irak est devenu presque impossible. Entre les attentats islamistes et les prises d’otages, de plus en plus nombreuses le danger est tel que les journalistes sont obligés de s’en remettre le plus souvent aux forces américaines pour leurs déplacements. Ce journalisme « incorporé » échoue à rendre compte de ce qui se passe vraiment au cÅ“ur du pays.
Les chiffres officiels parlent de 50 000 morts mais une étude statistique de l’université John Hopkins arrive au chiffre effroyable de 650 000 victimes depuis le début de l’invasion américaine. Chiites, Sunnites et Kurdes ne cessent de s’entre massacrer.

Comprendre pourquoi, pour les Irakiens, la police est devenue synonyme de menace. Pourquoi certains cadavres qu’on ramasse le matin dans Bagdad portent des menottes de police toutes neuves aux poignets ? Au cœur des services secrets et des forces spéciales, les milices des partis politiques semblent se livrer une guerre privée dont la population fait les frais. Il n’y a virtuellement plus d’Etat. Des hommes en uniforme enlèvent des dizaines de civils jusque dans le cœur des ministères et les emportent dans des voitures de police.
Il s’agit la plupart du temps de milices chiites. Elles ont été installées au sein des forces de l’ordre, en 2004, avec l’assentiment des Américains. Les milices terrorisent la population civile sunnite, suspectée de soutenir l’insurrection. Une méthode qui n’a fait que nourrir la guerre civile inter-confessionnelle mais qui a été avalisée, voire encouragée, par Washington. Elle porte un nom de code : l’option Salvador, en référence à un pays d’Amérique centrale où la guerilla de gauche avait été vaincue dans les années 80 au prix de massacres massifs de civils. Nous avons retrouvé en Irak, un officier américain qui avait formé les escadrons de la mort au Salvador. Désormais, il entraîne les commandos de la police irakienne…
Synopsis in English
Iraq has become a black hole in the world news. A paradoxical black hole reported about every day in the news, gruesome statistics, abstract number of bodies picked up every morning on which we know nothing. Who kills who ? Are the islamic terrorists the only ones to kill the Iraqi civilians ? Why is the police unable to maintain public order ? What are the Americans doing about it ?
At the peak of the conflict in Iraq, we went to investigate the origins of the civil war and the slow agony of a nation. To understand why for the Iraqis the police forces have become synonymous of danger. Why most dead bodies are wearing brand new police handcuffs ?
The film shows how the militias linked to confessional movements, have infiltrated the armed forces to wage a sectarian war under cover of police uniforms. There is virutally no more State. We met a terrorized population which no one hears, no one protects. There is no more sanctuary. Men in uniforms kidnap dozens of civilians right into the offices of ministries and take them off in official cars. They are usually shi’ite militias. They joined the armed forces in 2004, with the consent of the americans, who hoped to put an end to the sunni insurrection by using their old shi’ite ennemies.
In Washington the strategy was called : the Salvador option. Ex-american experts in counter-insurrection in Central America were sent to Iraq. The unintended consequences of this method are dramatic. The militias have escaped all control and turned into death squads. And the Al Qaeda terrorists take advantage of the chaos created by the inter-confessional war.

Paul Moreira
Avant de concevoir l’émission 90 minutes sur Canal plus, Paul Moreira a été d’abord grand reporter puis rédacteur en chef de 1996 à 1999 du Vrai Journal. Auparavant, il a travaillé au sein de l’agence CAPA pour divers magazines d’information (Envoyé Spécial, Zone Interdite, Le Grand Débat, 24 Heures…) Il a aussi collaboré à plusieurs titres de presse écrite (Actuel, Libération-Magazine et Le Monde Diplomatique) entre 1990 et 1994. Il est nominé au prix Albert Londres en 2000 et 2001. Il est titulaire d’une maîtrise d’anthropologie politique (Paris V, 1986) et d’un DESS de journalisme, spécialisé dans le monde anglo-saxon (Paris III – CFJ, 1987). Depuis novembre 2006, il a créé, en partenariat avec Xavier Carniaux, la société de production audiovisuelle « Premières Lignes ».

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